En quelques années, la trottinette électrique est passée du statut de gadget à celui de véritable solution de mobilité urbaine. Elle se plie, se range sous un bureau, se glisse dans un train et coûte quelques centimes d'électricité pour des dizaines de kilomètres. Pour un trajet de deux à dix kilomètres en ville, elle est souvent plus rapide que la voiture et les transports en commun.
Mais sa popularité s'est accompagnée d'accidents et de comportements dangereux, qui ont conduit les pouvoirs publics à encadrer strictement son usage. Avant d'acheter, mieux vaut connaître les règles, qui conditionnent aussi le choix du modèle.
Les règles à connaître
Depuis 2019, le Code de la route classe les trottinettes électriques dans la catégorie des engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), avec les gyroroues, gyropodes et hoverboards.
Qui peut conduire ?
- L'âge minimum est de 14 ans. Il était de 12 ans jusqu'en 2023.
- Aucun permis n'est exigé.
- Le transport d'un passager est interdit : une trottinette, un conducteur.
À quelle vitesse ?
La vitesse maximale par construction est de 25 km/h. Débrider une trottinette pour qu'elle dépasse cette vitesse est interdit et sévèrement sanctionné. Un engin qui dépasse 25 km/h n'est plus un EDPM, et il n'est alors couvert ni par l'assurance de l'engin, ni par les règles de circulation des trottinettes.
Où circuler ?
| Lieu | Règle |
|---|---|
| Piste ou bande cyclable | Obligatoire lorsqu'elle existe |
| Route limitée à 50 km/h en agglomération | Autorisée en l'absence de piste cyclable |
| Aires piétonnes | Autorisées seulement si le maire le permet, au pas |
| Trottoir | Interdit en roulant (on peut pousser la trottinette à la main) |
| Hors agglomération | Interdite sur la route, sauf voies vertes et pistes cyclables, ou autorisation spécifique |
Les communes peuvent ajouter des règles locales : zones interdites, vitesse réduite dans certains secteurs, règles de stationnement.
Les comportements interdits
- Porter des écouteurs ou tout appareil qui diffuse du son dans les oreilles.
- Tenir un téléphone en main.
- Conduire après avoir consommé de l'alcool ou des stupéfiants, comme pour tout conducteur.
- Rouler sur le trottoir.
- Transporter un passager.
- Se faire tracter par un autre véhicule.
Les équipements obligatoires
La trottinette doit être équipée :
- de feux avant et arrière ;
- de catadioptres à l'arrière et sur les côtés ;
- d'un avertisseur sonore ;
- d'un système de freinage efficace.
La nuit ou par mauvaise visibilité, le conducteur doit porter un vêtement ou équipement rétroréfléchissant (gilet, brassard). Le casque n'est pas obligatoire en agglomération pour les adultes, mais il est fortement recommandé ; il est obligatoire dans certains cas, notamment hors agglomération lorsque la circulation est autorisée.
L'assurance obligatoire
C'est le point le plus souvent ignoré : le conducteur d'une trottinette électrique doit être couvert par une assurance de responsabilité civile pour les dommages qu'il peut causer aux autres. L'assurance habitation ne couvre généralement pas les engins motorisés : il faut le plus souvent souscrire une assurance spécifique, ou une extension, pour quelques euros par mois. Rouler sans assurance expose à une forte amende et, en cas d'accident, à devoir indemniser soi-même la victime.
Les sanctions
Les infractions les plus courantes (circulation sur le trottoir, écouteurs, téléphone en main, passager) sont sanctionnées par des amendes forfaitaires, souvent de 135 €. Le débridage et l'absence d'assurance sont sanctionnés beaucoup plus lourdement.

Choisir sa trottinette
L'autonomie
Les fabricants annoncent souvent des autonomies optimistes, mesurées avec un conducteur léger, sur terrain plat et à vitesse réduite. En pratique, comptez 60 à 70 % de l'autonomie annoncée, moins en hiver, en côte ou pour un conducteur lourd.
| Batterie | Autonomie réelle indicative | Pour qui ? |
|---|---|---|
| 250 à 350 Wh | 15 à 25 km | Trajets courts, dernier kilomètre |
| 400 à 550 Wh | 25 à 40 km | Trajets quotidiens de 5 à 10 km |
| 600 Wh et plus | 40 km et plus | Trajets longs, relief, conducteur lourd |
Les roues et les pneus
- Roues de 8 pouces : légères et compactes, mais sensibles aux pavés et aux nids-de-poule.
- Roues de 10 pouces ou plus : plus stables et plus confortables, un bon compromis pour la ville.
- Pneus gonflables : plus confortables et adhérents, mais sujets aux crevaisons.
- Pneus pleins ou tubeless : moins de crevaisons, mais moins de confort pour les pleins.
Les freins
Privilégiez une trottinette avec deux systèmes de freinage indépendants, par exemple un frein à disque à l'arrière et un frein électrique ou à tambour à l'avant. Les freins à disque, mécaniques ou hydrauliques, offrent la meilleure puissance. Le freinage est un élément de sécurité essentiel : à 25 km/h, la distance d'arrêt n'est pas négligeable.
Le moteur et la puissance
Un moteur de 250 à 350 W suffit en ville sur terrain plat. Pour les côtes ou un conducteur lourd, un moteur plus puissant aide à maintenir la vitesse, toujours dans la limite des 25 km/h.
Le poids et le pliage
Une trottinette de 12 à 15 kg se porte facilement dans un escalier ou un train. Au-delà de 20 kg, elle devient difficile à transporter. Vérifiez le système de pliage, sa solidité et l'absence de jeu dans la colonne de direction.
Les suspensions
Elles améliorent le confort sur les revêtements dégradés, mais ajoutent du poids et de l'entretien. Utiles si votre trajet comporte des pavés ou des routes abîmées.
La qualité et les pièces détachées
Préférez une marque qui assure un service après-vente et fournit des pièces détachées (pneus, chambres à air, freins, batterie). Une trottinette bon marché sans pièces disponibles devient inutilisable à la première panne.
Le budget
Une trottinette électrique de qualité correcte coûte entre 300 et 800 €. Les modèles d'entrée de gamme, sous 300 €, sont souvent moins durables. Au-delà de 800 €, on trouve des modèles plus puissants et confortables, souvent plus lourds.
Ajoutez l'assurance obligatoire, un casque, un antivol et un gilet ou des équipements réfléchissants.

Entretenir sa trottinette
Une trottinette électrique subit beaucoup de vibrations et de chocs. Un entretien régulier, souvent simple, prolonge sa durée de vie et réduit les risques de chute.
Chaque semaine
- Contrôlez la pression des pneus gonflables : un pneu sous-gonflé augmente le risque de crevaison et réduit l'autonomie.
- Vérifiez les freins : la manette doit freiner nettement sans aller jusqu'au guidon.
- Testez les feux et l'avertisseur.
Chaque mois
- Contrôlez le serrage des vis, notamment celles de la colonne de direction et du système de pliage. Un jeu dans la colonne est dangereux.
- Nettoyez la trottinette avec un chiffon humide, sans jet d'eau ni nettoyeur haute pression, qui peuvent endommager l'électronique.
- Vérifiez l'usure des pneus et des plaquettes de frein.
Pour la batterie
- Rechargez-la avec le chargeur d'origine, dans un endroit sec, ventilé, à l'écart de matières inflammables, et jamais sans surveillance prolongée.
- Évitez de la laisser totalement vide pendant plusieurs semaines.
- En hiver, rentrez la trottinette à l'intérieur et laissez-la revenir à température ambiante avant de recharger.
- Ne rechargez jamais une batterie gonflée, abîmée ou qui chauffe anormalement : faites-la contrôler ou remplacer.
Les incendies de batteries d'engins de mobilité, souvent liés à des chargeurs inadaptés, à des batteries endommagées ou à des modèles de mauvaise qualité, sont un risque réel dans les logements. Ces quelques précautions le réduisent fortement.
Trottinette personnelle ou libre-service ?
Pour un usage occasionnel, les trottinettes en libre-service, là où elles existent encore, évitent l'achat, l'entretien et le vol. Pour un trajet quotidien, une trottinette personnelle devient rapidement plus économique et toujours disponible.
Rouler en sécurité
- Gardez les deux mains sur le guidon.
- Anticipez : la trottinette est peu visible et silencieuse, les autres usagers ne vous entendent pas arriver.
- Méfiez-vous des bandes blanches, des plaques d'égout et des rails de tramway, glissants par temps de pluie.
- Ralentissez aux intersections et à l'approche des piétons.
- Allumez vos feux de jour comme de nuit.
- Vérifiez régulièrement freins et pression des pneus.
Questions fréquentes
Peut-on prendre le train avec une trottinette électrique ?
En général oui, pliée et considérée comme un bagage, selon les règles du transporteur. Certains réseaux de transports urbains imposent des restrictions, parfois liées aux risques d'incendie des batteries.
Les trottinettes en libre-service obéissent-elles aux mêmes règles ?
Oui. L'opérateur assure l'engin, mais le conducteur reste responsable du respect du Code de la route. Plusieurs grandes villes ont toutefois supprimé ou encadré les trottinettes en libre-service.
Une trottinette électrique est-elle aidée ?
Les aides à l'achat concernent surtout les vélos. Le forfait mobilités durables de l'employeur peut en revanche couvrir les trajets en trottinette personnelle. Voir nos aides pour un vélo électrique.
Trottinette ou vélo électrique ?
La trottinette est plus compacte et plus facile à combiner avec les transports. Le vélo électrique est plus stable, plus confortable sur les longues distances et permet de transporter des affaires. Voir notre guide du vélo électrique.
En résumé
Une trottinette électrique se conduit à partir de 14 ans, à 25 km/h au maximum, sur les pistes cyclables ou les routes à 50 km/h, jamais sur le trottoir, avec une assurance de responsabilité civile obligatoire. Choisissez-la selon votre trajet : autonomie réelle, roues d'au moins 10 pouces en ville, deux freins indépendants et pièces disponibles. Notre mode d'emploi de la trottinette réunit les règles, la check-list d'achat et le programme d'entretien.
Sources et références
- Sécurité routière — engins de déplacement personnel motorisés — www.securite-routiere.gouv.fr
- Service-Public — circulation à trottinette électrique — www.service-public.fr
- Légifrance — Code de la route — www.legifrance.gouv.fr



